RSS

L’open-closed beta publique de Brick Force

03 Mar

Sisi je fais du franglais moi aussi.

Brick Force est un jeu dont vous avez forcément entendu parler ces derniers jours. Ne serait-ce que par le fait que la plupart des sites et de blogs autour du jeu vidéo – sauf moi, mais en fait je crois que c’est mieux comme ça – ont distribué des clés pour accéder à la beta du jeu, qui a donc ouverte le 28 Février dernier. D’ailleurs, j’ai moi même obtenu une clé et un accès le 28 Février. Mais je n’ai pu jouer qu’à partir d’aujourd’hui, le 3 Mars, soit  cinq jours plus tard. Pourquoi ? Parce que cette beta est catastrophique. Les développeurs – dont je ne connais pas le nom et c’est préférable pour eux – ont en effet donné plus de clés qu’ils ne pouvaient, ce qui leur a valu le fait qu’une grande partie des joueurs n’a pas pu jouer, ni même accéder à leur site continuellement en maintenance. Au moins, ils apprendront qu’une bêta fermée n’est pas une démo publique pour la prochaine fois – si prochaine fois il y a, et j’espère de tout coeur qu’il n’y aura pas. Et je ne parlerais pas des problèmes idiots, que j’ai eu par exemple, avec le launcher du jeu détecté comme un virus ou par exemple le mot de passe trop long pour le launcher – mais qui passe sur leur site, logique. Je vais donc arrêter de parler de l’organisation ratée de cette bêta pour parler du jeu en lui-même.

 Je suis mort ou j’ai tué quelque là ? Les deux ? Je pige plus.

Sur le papier, Brick Force était attirant : le jeu se proposait de mélanger Minecraft et FPS multijoueur. En gros, un jeu dans lequel vous pouvez construire des maps – avec des blocs bien sûr, vu que c’est la tendance actuelle – qui pourront ensuite être adaptées et jouées en tant que FPS justement. Quatre modes sont présents dans cette bêta : Survie (en gros du chacun pour sa peau), Combat en Equipe (du TeamDeathmatch), Capture the Flag et Explosion (où il faut faire exploser une bombe). Au niveau du gameplay, le jeu est plutôt proche de Counter Strike : aucune physique, vous avancez l’arme à la main avec comme seules actions possibles sauter, accélérer, ralentir, recharger et grimper – difficilement – à l’échelle. On se déplace avec ZQSD – enfin, faut passer en qwerty d’abord, la bêta ne permettant pas de configurer les touches ou de passer en azerty – on tire avec le bouton gauche de la souris et on change d’arme avec les chiffres. D’ailleurs, un premier problème se pose. Ça a l’air tout con mais… pourquoi ne peut-on pas changer d’arme à l’aide de la molette ? Changer d’arme est un calvaire, il faut retenir quel chiffre correspond à quelle arme etc. Le HUD est composé d’une barre de vie (avec des points donc), de votre arme avec le nombre de munitons restantes , des kills faits, du score, du temps et d’une carte. C’est plutôt mignon et joli, ne gênant pas trop le jeu. En revanche, quand vous commencez à faire des kills ça devient vite le bordel : des « headshots », des « double kills » viennent s’incruster ou une longue barre « respawn » ainsi qu’un avatar de votre tueur lorsque vous mourrez. Au niveau du gameplay c’est donc le minimum qui est fait, avec par exemple la possibilité de viser uniquement sur les snipers, et souris/clavier en main, c’est peu efficace et ça se fait rouler dessus par la plupart des FPS actuels, Counter Strike compris.

Trop mimi ! Quoi non ?

La différence avec Counter Strike se fait notamment au niveau du design général du jeu : c’est coloré, c’est flashy, c’est mignon. Les personnages sont des sortes d’humanoïdes de cinq ans au look plutôt étrange, déguisé en militaire. Encore une fois, c’est tout mignon, tout coloré, tout enfantin. L’ambiance générale est en effet plutôt enfantine, même si les tronches des personnages peuvent faire flipper parfois. Et ça ne s’arrête pas au design. Les voix semblent être faites par des petits coréens de 4 ans recrutés à la maternelle. Et là, ça devient plus traumatisant que mignon. La plupart des textes sont en anglais (start, ready, headshot etc)… mais prononcés avec un accent coréen et cette voix de gamin. Ça donne lieu à des « ruaydiiii« , des « staarkte » ou plus étrange des « edechiot« . Mais le plus dérangeant, ce sont les « soulitan koutcho » qui sont encore plus bizarres, surtout qu’ils jaillissent aléatoirement. Le jeu se voulait à la base mignon, mais se retrouve étrange et dérangeant. Je ne mettrai pas ça entre les mains d’enfant, personnellement. Pour les sons, on retrouve un bruitage plutôt réaliste des armes, ce qui est assez étrange pour un jeu se voulant si enfantin. Au niveau des musiques… bah il n’y en a qu’une seule, une seule musique d’ascenseur qui se répète sans arrêt et énerve au bout de cinq minutes. Entre ça et les doublages, j’ai rapidement coupé le son du jeu. 

Le menu principal du jeu. Notez l’auto-promo en bas à gauche.

Au niveau de l’interface du jeu, c’est pas la plus ergonomique du monde mais c’est pas le bordel non plus, même si les textes dépassent des cadres (ce sera probablement corrigé dans le jeu final). Bon point, tout est entièrement traduit en français. Des icônes et des onglets sont dispersées un peu partout, avec un système de serveur en liste. Soit dit en passant, le système de serveur est plutôt bon, permettant de créer son propre serveur sans aucun problème ni aucun système externe au jeu. On retrouve ainsi plusieurs fonctions communautaires : liste d’amis, boite de messages, clans; le minimum quoi. On regrette d’ailleurs de ne pas pouvoir rejoindre un ami en cours de partie et de devoir chercher le serveur sur lequel il se trouve. Au niveau des options, c’est aussi le minimum syndical : quelques options graphiques (résolution, qualité), une seule option niveau gameplay (sensibilité/inversion de la souris) et deux-trois options d’affichage. Pas de configuration des touches ou du clavier, pas d’options graphiques avancées, pas de redimensionnement de la fenêtre. On ne peut pas non plus modifier les options en pleine partie, étant obligés de retourner au menu principal pour cela. Enfin, on a une personnalisation du personnage. A chaque partie, vous gagnez de l’xp et des points (séparés en deux catégorie) à dépenser dans la boutique : nouvelles armes (vous pouvez en équiper une de chaque type par partie), nouveaux habits et accessoires, nouveaux personnages (pour l’instant vide) ainsi que des tickets pour des blocs, dont je parlerai plus tard. Enfin, il y a un menu pour gérer les cartes.

Ça me rappelle quelque chose, pas vous ? (c’est une carte officielle)

Parlons-en, des cartes. Celles-ci sont tout d’abord triées selon le mode où elle se joue, puis par catégories : les cartes de votre création, celles que vous avez enregistré, celle que vous avez téléchargé, celles que vous pouvez télécharger et une sorte de classement. Car oui, à la fin de chaque partie, vous pouvez donner une note sur 10 à chacune des maps. Afin de servir de base au jeu, des maps ont été faites par les développeurs du jeu et pré-téléchargées. Et bien, à mon avis, ils ont oublié d’engager un level designer. On se perd rapidement dans les maps, trouvant difficilement l’adversaire… sauf lors du respawn. Car oui, il vous arrivera souvent de spawner en face d’un ennemi ou même de spawner en même temps qu’une autre personne au même endroit. Il y a divers points de respawn placés un peu partout sur la map qui restent les mêmes (en team deathmatch, il y en a la moitié pour chaque équipe) mais dont la probabilité d’y respawn est aléatoire. Véritables démonstrations de tout ce qu’il ne faut pas faire en level design, ces maps contiennent aussi nombre d’endroits où vous pouvez tomber… mais pas ressortir. Vous devez donc attendre que quelqu’un vienne vous tuer (s’il vous voit tout du moins) ou que la partie se finisse… je préfère ragequit en ce qui me concerne. Je vous conseille donc, comme moi, de mettre la moins bonne note possible à ces monstruosités et de – si vous aimez quand même le jeu – vous intéresser aux cartes créées par les joueurs.

 Elle est belle ma forêt, vous trouvez pas ? 

Intéressons-nous à la création de cartes, d’ailleurs. C’est un des points qui semblait être le plus intéressant du jeu, ce qui a fait son charme et a donné envie à tant de gens d’essayer la bêta. Car s’il n’y avait pas ça, Brick Force ne serait qu’un mauvais FPS sur lequel on ne prend aucun plaisir. Et bien, ce n’est pas que ça Brick Force. Non non, Brick Force c’est aussi un ersatz complètement raté de la version gratuite de Minecraft. Je m’explique. Avant de commencer à construire votre map, vous devez régler deux paramètres : la couleur du ciel et les blocs qui composent le sol de base ainsi que le motif formé et la taille de celui-ci. Vous apparaissez, pistolet à la main – bah oui, c’est un fps quand même – d’ailleurs pas très cohérent vu qu’il est futuriste alors que les armes du jeu sont « modernes ». Passons. Vous avez à votre disposition une trentaine de briques de base accompagnées des objets servant d’objectifs (points de spawn, drapeaux, bombe) auxquelles vous rajoutez des blocs colorés et des blocs déco (tables, pentes, barricades, lumières, caisses, canon, feu, radiateur, etc) qui sont à acheter dans la boutique, avec les fameux tickets dont j’ai parlé un peu plus haut. Les blocs se révèlent au final être juste quelques blocs déclinés (trois blocs de feuille, d’herbe, de pierre, etc) et les constructions restent assez « lisses », sans réelles textures. Au niveau du gameplay de création c’est… comment dire.. laborieux. Prenez Minecraft. Les blocs se posent instantanément, on peut les poser à la chaîne sans problème, les blocs se posent à proximité, on change rapidement de bloc et en mode Creative on peut même voler. Et bien, Brick Force renie tout ça. Lorsque vous cliquez pour poser un bloc, vous devez attendre une à deux secondes avant qu’il apparaisse. Cela pose ainsi problème lorsque vous les posez à la chaîne, où de nombreux trous vont apparaître. De plus, le système n’étant pas très précis (après tout on a un pistolet en main) ça nous arrivera souvent de poser un bloc très loin, la portée étant infinie. Et puis, même problème que pour les armes :  on doit passer par les chiffres pour changer de bloc. A la manière de Minecraft, on ne peut sauter que d’une case. Sauf que les développeurs n’ont pas pensé bon d’inclure une fonction « vol », ce qui fait que remonter sur une construction en hauteur va être long et difficile, surtout que le système d’ascenseur à la Minecraft ne fonctionne qu’à moitié. Autre chose, on ne peut pas directement tester nos cartes comme dans tout bon éditeur de niveau : il faut retourner sur un serveur « fps » et créer une partie avec votre carte.

 Et oui, déjà. (c’est pas de moi, je précise au cas où)

Là où Brick Force avait un concept accrocheur sur le papier, il se rate totalement sur la pratique. Le gameplay, les doublages, la musique, l’aspect création… tout est à jeter. Au final, ça casse pas des briques et c’est chiant, mais d’une force… D’un cri de coréen de 4 ans, Brick Force balaye toutes les avancées faites par les FPS actuels et par les mises à jours de Minecraft depuis la version Classic. Si vous aimez vraiment les blocs, un Minecraft moddé vaudra mieux que BF tandis que si vous n’y êtes pas attaché, Shootmania s’annonce énorme et semble tenir toutes ses promesses.

« Au final, ça casse pas des briques et c’est chiant, mais d’une force…

Publicités
 
7 Commentaires

Publié par le 03/03/2012 dans Previews

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,

7 réponses à “L’open-closed beta publique de Brick Force

  1. oxydamlab

    04/03/2012 at 13:26

    Ouais, je m’attendais à ça. De toute façon maintenant j’ai les yeux braqués sur Shootmania qui sera probablement une tuerie

     
    • Ripper

      04/03/2012 at 13:31

      Moi je me foutais complètement de Shootmania, jusqu’à que je lise l’aperçu dans Canard PC. Maintenant je le veux, je le veux, je le veux quitte à me racheter un PC.

       
      • oxydamlab

        04/03/2012 at 17:41

        J’étais vraiment très méfiant, car le concept de Shoot Mania me semblait un peu bancal. Mais comme toi, la preview de Canard PC en a fait un des jeux que j’attends le plus cette année.

         
      • Ripper

        05/03/2012 at 00:30

        De toute façon Canard PC ils arrivent à faire aimer n’importe quel jeu, même les jeux tchèques sortis de nul part. Surtout les jeux tchèques.

         
  2. Cyborgs

    06/03/2012 at 03:58

    On pense « à peu prêt » la même chose.

    « ça casse pas des briques et c’est chiant, mais d’une force… »
    (Le jeu de mot est bien trouvé)

     
  3. INeedMyBrain

    07/11/2012 at 00:59

    D’ailleurs, dans le même genre (mais néanmoins beaucoup plus moche graphiquement), il y a Ace of Spades. Après, n’y ayant pas joué personnellement, je ne peux pas vraiment donner d’avis, mais si tu veux y jeter un coup d’œil libre à toi :)
    Au passage, tu peux remercier Robcats ( un ami « réel ») de m’avoir fait découvrir ton site et toi même :).
    (La différence avec ce cher Huitante-Huit, c’est que moi je ne suis pas Suisse, je suis un Français exilé dans le pays des mangeurs de chocolat.)

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s